TDAH Informations, trucs et astuces

Du Ritalin ?... Pas question!

Vous revenez d'une rencontre avec le professeur de votre enfant. Vous saviez qu'il semblait y avoir quelques difficultés...quelques billets jaunes à signer, certaines remarques dans l'agenda...mais de là à penser que votre enfant avait un problème!?! Et à ce que l'on parle de médication ?!?

Diverses réactions peuvent nous habiter : de la peine, de l'incrédulité, de la frustration, de la colère ou de la culpabilité. Peu importe ces divers sentiments, comme parent, on se doit de vérifier si problème il y a et si oui, quelles interventions sont pertinentes pour aider notre enfant à composer avec cette mini société qu'est l'école …et à cheminer dans la vie…donc réussir sa vie!

L'entrée à l'école est en soi une grosse transition pour les enfants. Le fait d'avoir 5 ou 6 ans ne signifie pas que l'on a nécessairement la maturité attendue pour cet âge ! Certains enfants ont besoin de plus de temps que d'autres pour s'adapter à tout ce que signifie la scolarisation. Certains auront des difficultés d'apprentissage (ex. : dyslexie). Par contre, pour plusieurs enfants (3 à 7 % des enfants de 5-12 ans), malgré tout leur bon vouloir et celui de leurs parents, cela demeurera pénible parce qu'ils ont un déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA±H).

À l'intérieur de ce diagnostic qui peut faire peur, on retrouve différentes manifestations. Certains élèves vont déranger dans la classe parce qu'ils sont impulsifs et ne PEUVENT pas s'arrêter de parler : c'est plus fort qu'eux, même s'ils veulent écouter parce qu'on leur a promis des récompenses, ils n'y arrivent pas ! Certains ont la bougeotte et tendent à se lever fréquemment malgré la nécessité de rester assis en classe. La cour de récréation peut être un lieu de frictions car par leur impulsivité certains vont éprouver des difficultés à respecter les règles du jeu, par exemple. D'autres sont si sages qu'on les oublie : ils sont plutôt lunatiques donc ne dérangent pas… à priori ! Mais quand vient le temps de débuter des travaux, il faut aller chercher leur attention, car ils ne vont pas démarrer tout seuls : il faut toujours les pousser. Pour plusieurs, la distraction est de mise : on oublie ses travaux …mais aussi son game boy! On part se brosser les dents, mais on s'arrête devant la télé !

Les 2 types ne réussiront pas autant que leur potentiel intellectuel ne leur permettrait, car ils ne sont pas concentrés sur ce que dit le professeur. Ils perdent donc beaucoup de matière et accumulent du retard académique. Quelques enfants très doués réussiront quand même à se rattraper et pour d'autres, le fait que les parents compenseront à la maison en révisant les notions devant être acquises, suffira pendant un certain temps. Par contre, ceci peut entraîner une lourdeur à long terme pour le milieu familial et diminuer le temps de loisir pour l'enfant.

Les enfants présentant un déficit de l'attention peuvent devenir démotivés en réalisant que leurs résultats ne sont pas à la mesure de leurs efforts. Cela est très désappointant si on a le potentiel pour avoir des A et que l'on n'obtient que des C ! D'autres réussissent assez bien quand même, mais se font souvent réprimander : ils vont soit se dévaloriser ou être encore plus opposants ou simplement ne pas aimer l'école. Peu importe le mode de présentation, l'enfant développe une image négative de lui-même : «je suis poche», «je ne suis pas bon (bonne)», «à quoi bon travailler», «je suis le (la) petit(e) tannant(e)». D'autres développent des stratégies pour éviter les réprimandes : le mensonge, l'hypocrisie ou l'évitement de situations conflictuelles.

Les retards académiques cumulés, les échecs relatifs, la difficulté à se faire ou garder des amis, le fait de se faire constamment réprimander voire humilier parfois…autant de choses qui diminuent l'estime de soi et nuisent à l'épanouissement personnel. À long terme, le besoin de valorisation et d'affirmation peut entraîner le jeune vers la recherche de reconnaissance dans des sources nuisibles pour lui : drogues, alcool, intégration dans un gang de rue. D'autres décrocheront tout simplement. Quelques-uns s'isoleront et ne feront que se dévaloriser encore plus.

Ces faits peuvent vous sembler alarmistes !?! Bien sûr, tous les enfants avec TDAH n'évolueront pas aussi négativement surtout s'ils bénéficient de support académique et affectif adéquat. Par contre, il restera quand même des manifestations à l'âge adulte.

Il est prouvé qu'un traitement médicamenteux amenuise les difficultés vécues par ces enfants et leur famille. Cela permet à des enfants bourrés de potentiel de réussir mieux à l'école (à la mesure de leur potentiel), mais aussi dans leurs relations interpersonnelles, gage d'une meilleure estime de soi.

Comme tout diagnostic médical, il y a un deuil à faire pour l'enfant et sa famille. Mais quand le but du parent est avant tout que son enfant soit heureux, l'idéal est de faire face et d'offrir toutes les possibilités à notre enfant pour qu'il aille au bout de ses rêves à lui. Il faut cesser de croire qu'on traite un enfant pour le calmer, pour faire plaisir au professeur ou à l'école, que le médecin prescrit un médicament pour se débarrasser d'un problème. Il faut croire simplement que l'on travaille tous pour permettre à l'enfant de s'épanouir de façon optimale. Quand on sent que l'estime de soi de l'enfant peut être atteint et que l'évaluation (scolaire et/ou psychologique et/ou médicale) démontre que l'enfant a un TDAH, un traitement médicamenteux est de mise. D'autres mesures auront déjà été mises en place (meilleure place dans la classe, aide aux devoirs, support orthopédagogique…), mais cela n'est pas suffisant la plupart du temps.

Il y a différents types de médication. Il est quasi impossible de savoir à l'avance quelle médication sera la bonne pour notre enfant. Il y aura donc une période de transition avec son lot d'effets secondaires plus ou moins agréables. Il suffit de prendre son temps et de se fixer un objectif commun : que l'enfant vive des succès personnels (moins se faire réprimander, amélioration de ses résultats scolaires et de ses performances parascolaires, se faire inviter chez des amis).

Puisque l'enfant est fait ainsi et que l'école n'est pas son seul milieu d'apprentissage, il faut réaliser que la médication sera prise à l'année, semaine et fin de semaine ainsi que pendant la période estivale (à moins d'un trop grand impact sur l'appétit, et ce, sur recommandation médicale).

Alors chers parents, prenez le temps de réfléchir à tout cela, oublier les commentaires de tous et chacun, regardez votre enfant et demandez vous ce qui est le mieux pour LUI, pour qu'il s'épanouisse et devienne un adulte qui se sent bien dans sa peau et qui a les outils pour aller au bout de SES rêves !

Renée-Claude Duval
Pédiatre

Ressources d'aide spécialisée :

1. Association PANDA (parents aptes à négocier le déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité)
Téléphones : (450) 979-7788 ou sans frais 1 877 979-7788
www.associationpanda.qc.ca

2. AQETA (association québécoise pour les troubles d'apprentissage)
Téléphone : (514) 847-1324 (Montréal) ; (418) 418-407-6507 (Québec)
www.aqeta.qc.ca